Programme Cétacés


Les BaleinesLes DauphinsEn savoir plus...

  • Demandez la liste des espèces menacées, la liste des espèces protégées, les réglementations les concernant.
  • Renseignez-vous sur les écosystèmes marins que vous allez découvrir.
  • Parce que vous saurez identifier les animaux,vous pourrez connaître leur comportement, vous saurez où les chercher pour les admirer.

Article d’Erika DOMONT

LA COMMISSION BALEINIERE INTERNATIONALE : enjeux et résultats

© Fred Bassemayousse

Qu’est-ce que la CBI et à quoi sert-elle ?

La Commission Baleinière Internationale (CBI) a été créée par la Convention de Washington (1946). Elle était, à l’origine, destinée à assurer « la conservation judicieuse de l’espèce baleinière et de rendre possible le développement ordonné de l’industrie baleinière ». Au fil des décennies, cependant, la CBI s’est progressivement donnée pour mission la conservation des baleines.

    Ses devoirs et objectifs :

  • Examiner et réviser les mesures prévues pour la conduite de la chasse à la baleine dans le monde. Les objectifs sont :
    • La protection totale de certaines espèces.
    • La mise en place de sanctuaires.
    • La fixation de quotas et de saisons de pêches.
    • L’interdiction de capture des baleineaux et des femelles les accompagnants.
  • Financement de travaux de conservation et de protection des cétacés.
    • Publication de données et d’études scientifiques.
    • Recherches sur des questions parallèles telles que des méthodes de captures non cruelles.

Le comité scientifique de la CBI élabore un “état des lieux” général des populations de baleines et entreprend une enquête sur les répercussions du réchauffement climatique et des différentes pollutions sur les cétacés.

Son fonctionnement :

Elle compte 88 états membres dont 23 font partie de l’Union Européenne. La France compte parmi les pays fondateurs.
La CBI se réunit chaque année dans un des Etats membres: en 2011 sur l’île de Jersey et en 2012 à Panama City. La prochaine réunion aura lieu à Portoroz en Slovénie, pour le 65e meeting du 15 au 18 septembre 2014.
Les décisions de la CBI sont préparées par des comités (scientifique, conservation, finance et administration), des sous-comités (chasse aborigène, infractions), et des ateliers (méthodes d’abatage, bien-être des animaux). Elles sont prises ensuite en session plénière, par consensus ou à la majorité simple, chaque pays étant représenté par un commissaire baleinier disposant d’une voix. Une majorité à 75% est requise pour modifier la Convention et son annexe.

Les enjeux et résultats de la CBI en 2012 :

Le bilan de cette CBI 2012 reste mitigé notamment à cause du conflit qui règne entre les 2 groupes ‘’pro-chasse’’ et ‘’anti-chasse’’ :

Pro-chasse : les pays qui considèrent que les stocks ont eu suffisamment de temps pour se reconstituer et qui veulent la reprise de la chasse commerciale.

Anti-chasse : arguant du principe de précaution, ils soulignent qu’en l’état actuel de la science, trop d’incertitudes planent encore sur les estimations de population de cétacés.

Voici les axes majeurs abordés et les réponses apportées par la CBI :

  • Création d’un sanctuaire en Atlantique sud proposé par le Brésil, l’Argentine, L’Uruguay et l’Afrique du Sud.
    • Refusé car la proposition n’a pas atteint la majorité requise pour être acceptée : 38 voix contre et 21 pour. Le Brésil représentera cette proposition lors de la prochaine assemblée.
  • Impact de l’industrie du pétrole et du gaz sur les mammifères marins :
    • Problème des nuisances sonores dues notamment aux sonars et aux explosions sous-marines qui désorientent ou blessent les cétacés.
    • Problème de pollution : le système anti-marée noire n’est pas assez efficace en cas d’avaries et la mise en place de plateformes dans les eaux de l’Arctique reste donc dangereuse. De plus, une autre construction près de l’île de Sakhaline en Russie risque de poser problème car elle se situera tout près de l’aire de nourrissage des 150 dernières baleines grises australes.

→ Création d’un groupe de travail sur la pollution sonore et l’impact des explorations sismiques.

  • Vulnérabilité des petits cétacés : face aux différentes nuisances dont ils font l’objet (sonores, pollution), il a été établit la nécessité de prendre des mesures.

→ Mise en place d’un fond dédié à la conservation des petits cétacés. La France y prendra part.

  • Collision Cétacés / navires :

→ Maintien de la base de données collision : plus d’un millier de cas recensés depuis 30 ans.

  • La chasse à la baleine :

Petit rappel : le moratoire de 1982.

  • En 1982, les populations de la plupart des espèces de baleines avaient été réduites de plus de 80% par la chasse industrielle. Face à la menace d’extinction de certaines espèces, la CBI a interdit provisoirement l’exploitation commerciale des grands cétacés par un moratoire. Elle a toutefois autorisé la chasse à des fins scientifiques ainsi que la chasse aborigène de subsistance au Danemark (Groenland), en Russie (Sibérie), à Saint-Vincent et les Grenadines (Caraïbes), et aux Etats-Unis d’Amérique (Alaska), selon des quotas précis.
  • Plusieurs types de chasses sont encore pratiqués :
    • La chasse ‘‘scientifique’’ : pratiquée par le Japon, elle a une vocation de recherche. Ce type de chasse est décrié par les ‘’anti-chasse’’ car la viande de baleine est vendue sur les étals des marchands ou finit en aliment pour animaux par exemple.
    • La chasse commerciale : pratiquée par la Norvège et l’Islande, ces pays ne prennent pas en considération le moratoire.
    • La chasse aborigène et de subsistance : pour le Danemark (au Groenland), la Russie (en Sibérie), Saint Vincent et les Grenadines ainsi que les USA (Alaska).

La Corée du Sud a annoncé qu’elle voulait se remettre à la chasse dès la fin de l’année 2012 mais le pays a finalement renoncé à ce projet le 5 décembre 2012.

  • Le moratoire reste toujours en vigueur. De plus la CBI a refusé au Danemark une augmentation de ses quotas de chasse pour le Groenland.

  • Demandez la liste des espèces menacées, la liste des espèces protégées, les réglementations les concernant.
  • Renseignez-vous sur les écosystèmes marins que vous allez découvrir.
  • Parce que vous saurez identifier les animaux,vous pourrez connaître leur comportement, vous saurez où les chercher pour les admirer.

Plaidoyer

NON au programme de recherche, de reproduction et d’exportation de dauphins en Guinée Bissau

Longitude 181 NATURE s’associe à l’Océanium de Dakar, centre ambassadeur de la « Charte Internationale du Plongeur Responsable »,
pour exiger l’arrêt immédiat du projet de « centre de reproduction » de grands dauphins (Tursiops truncatus),
qui doit s’ouvrir dans l’archipel des Bijagos en Guinée Bissau.

Maj. Juillet 2008 :

Les dernières nouvelles envoyées par Blandine Mélis, notre correspondante en Afrique de l’ouest, confirment que le projet de capture et de centre d’élevage des dauphins Tursiops en Guinée Bissau semble abandonné.
Nous restons cependant vigilant !

Merci à tous ceux qui ont signé la pétition. En exprimant leur refus de ces pratiques, vous avez certainement contribué à cet abandon.

 Rappel des faits

Deux sociétés, Truk Bissau et Blue Sea International Corporation, envisagent deconstruire un centre permanent de reproduction de dauphins en Guinée-Bissau. Cette structure autosuffisante servirait également de centre de recherche, d’attraction touristique et de confinement avant exportation de certains d’un bon nombre d’entres eux.

Les organisations environnementales, les experts internationaux sur les cétacés et la société civile bissau Guinéenne s’oppose formellement à cette initiative qui mettrait en péril la biodiversité marine de la région ouest africaine et remettrait en cause l’engagement de la Guinée Bissau dans la conservation de ses ressources naturelles.

A ce jour, des informations alarmantes mentionnent la capture imminente (février 2008) de plus de 50 individus. Les autorités bissau guinéennes nient avoir donné une quelconque autorisation dans ce sens (voir lettre du 18 janvier 2008)

Résumé des lettres de Bue Sea International Corporation

Date : Lettre du 11 Juin 2007
Destinataires : Ministère des Ressources Naturelles
Cc : Ministère des pêches
Objet : Avis d’intention de la compagnie

  • Intention de capturer des dauphins et autres espèces de mammifères marins dans la Zone Economique Exclusive (ZEE) de la Guinée Bissau pour développer le programme de reproduction et de commercialisation.
  • Intention de prélever 40 individus /an pendant 15 ans, période au-delà de laquelle le programme de reproduction en captivité pourra assurer la production annuelle de 40 individus
  • Proposent des + compensation financière au Gouvernement pour toute transaction commerciale concernant le commerce des mammifères marins.
  • Sollicitent une concession sur le front de mer pour développer le projet
  • Proposent tous les transferts de technologies et partage des résultats scientifiques

Date : Lettre du 27 septembre
Destinataires : Ministère de l’Agriculture et des Ressources Naturelles
Cc : IBAP (Institut de la Biodiversité et des Aires Protégées)
Objet : Proposition de collaboration scientifique et économique

  • Intention de capturer des Tursiops truncatus dans la Zone Economique Exclusive (ZEE) de la Guinée Bissau pour établir un centre de reproduction et, plus tard de commercialisation.
  • Sollicitent l’autorisation de capture de 40 ind/an dont 30 pour l’exportation et 10 pour la reproduction en captivité. Une fois le centre fonctionnel à plein rendement il ne sera plus nécessaire de capturer en mer. Une partie sera utilisée pour des fins de thérapie soit pour les locaux soit pour les touristes.
  • Sont disposés à financer des études de population et collaboration avec IBAP et CIPA pour garantir que l’opération n’aura pas d’impact négatif sur la population, toutes les informations étant partagées avec l’IBAP
  • Demandent au Ministre que cette autorisation soit conditionnée à la possibilité pour Blue International de réaliser cette étude durant la capture des exemplaires

Description du Projet présentée par les sociétés

  • Les objectifs seraient de :

– Promouvoir l’assistance technologique et les connaissances spécialisées pour exécuter ce projet ;
– Promouvoir le renforcement de capacités nécessaires en techniques de reproduction animale ;
– Mettre à disposition du Gouvernement Bissau Guinéen les outils nécessaires pour promouvoir le centre de reproduction comme attraction touristique ;
– Etablir un plan stratégique de marché technologique à long terme pour la promotion touristique du centre de reproduction ;
– Obtenir en retour, un taux d’exportation minimal de 30 dauphins par an (Tursiops Truncatus)

  • L’engagement des sociétés

Les dépenses suivantes  seront couvertes par les sociétés :
– Sélection et capture des dauphins
– Reproduction des dauphins
– Infrastructures terrestres (parcs, viviers, etc.)
– Equipements et transports
– Opérations journalières (nutrition, personnel, électricité, etc.)
– Consultations vétérinaires
– Formation du personnel local (formateurs, chercheurs, marins, etc.)

  • Bénéfices tirés de l’activité

-Formation dans toutes les phases de la gestion de mammifères marins ;
– Création du premier centre de ce type dans toute l’Afrique ;
– Source d’emplois temporaire et permanente ;
– Opportunité pour le développement d’activités de recherche, d’éducation et de tourisme
– Développement agrave; long terme de programmes de reproduction de dauphins et autres mammifères marins
– Un modèle innovateur de commerce avec impact social et économique local

  • Pronostic de Reproduction

 

Dauphins

Année Femelle Mâle Naissances récentes
0 8 2
1 16 4
2 24 6
3 32 8 8
4 40 10 8
5 48 12 8
6 56 14 16
7 64 16 16
8 72 18 16
9 80 20 24

Ce tableau considère une incorporation minimale de 10 dauphins par an

  • Estimation des coûts initiaux

Période du 1er Octobre au 31 décembre 2007

Etude et Programme de Recherche (8 semaines) : 389 000 €
Programme d’installation de viviers : 349 700 €

Total des investissements prévus pour 2007 : 818 700 €

Contre argumentaire scientifique

Présentation / hypothèse Réalité
Conditions globales
Prétends avoir un programme de recherche Aucun programme de recherche n’est disponible pour révision
Programme de reproduction Le schéma “pronostic de reproduction” n’est pas réaliste. Un autre document ne semble pas être disponible.
Un “centre permanent de reproduction de dauphins” La majorité des delphinariums ne parviennent pas à avoir des naissances vivantes conçues en captivité.

  • Si elles sont vivantes, la plupart des nouveaux-nés meurent pendant les premières semaines ou mois.
  • Seuls les aquariums très sophistiqués arrivent à produire et élever des jeunes dauphins. Même dans ce cas la composition “nés-en-captivité” n’arrive pas à 50%
Un “centre de recherche de dauphins”
  • Tout ce qu’on peut apprendre des grands dauphins en captivité a déjà été étudié et est publié.
  • Un nouveau centre de captivité en Afrique n’apportera que très peu ou aucune information scientifique.
  • Ce pseudo-argument de “recherche” rappelle la soit-dite “chasse scientifique” des baleines par le Japon.
  • besoin de recherche scientifique sur les populations de dauphins silvestres en Guiné-Bissau
Un centre d’attraction touristique
  • Les touristes internationaux n’iront pas à Bissau pour visiter un delphinarium
  • ils vont visiter plutôt des pays touristiques avec d’excellentes infrastructures.
  • les infrastructure touristique et hôtelière Guinée Bissau ne sont pas suffisantes
Un centre d’attraction touristique la Guinée-Bissau devrait développer le tourisme écologique : promouvoir des sorties en bateaux pour observer les dauphins (“dolphin-watching”) et autre faune dans leur milieu naturel.
Biologie et gestion de populations silvestres
Demande d’un quota d’exportation de 30 Tursiops truncatus par an
  • Avec un quota d’ “incorporation” de (minimum) 10 animaux par an dans le programme de reproduction, le quota de capture par an est minimum de 40.
  • les captures seront biaisées vers femelles dans une proportion 4:1. dans ce cas l’impact négatif sur la population sera supérieur à une extraction de ratio 1:1
  • T. truncatus est sur l’Appendice Il de CITES, cela nécessite un document “Non-detriment finding” qui démontre que la capture n’aura pas d’effet sur l’abondance ni la répartition de la population au Guinée-Bissau.
  • Le pays est membre CITES depuis 1990.
  • L’identification de la population n’a pas été réalisée (relation avec d’autres populations, études génétiques et morphologiques).
  • Aucune estimation d’abondance disponible
  • Etat de conservation des T.truncatus en Afrique de l’Ouest totalement inconnu
Le pronostic suggère un taux de reproduction de 20% Invraisemblable.Taux de reproduction réel est d’ environ 8% dans des conditions naturelles optimales

  • Les animaux cibles pour la captivité sont normalement des juvéniles et non des individus matures-reproductif (10-12 années femelles; 10-15 années mâles)
  • Dans des communautés captifs non-stables (additions et soustractions d’individus) la structure sociale en flux ne permets pas une normalisation de relations entre sexes (il y a souvent beaucoup d’agressivité)
Le pronostic ne mentionne pas les différents taux de mortalité
  • Mortalité directe (accidents) et mortalité collatérale de jeunes séparés de leur mères pendant les captures doivent être évaluées et considérées dans les statistiques d’extraction.
  • Mortalité d’animaux pendant les premières semaines et mois de captivité reste non-évaluée. Cette mortalité peut atteindre des pourcentages très élevées.
  • Taux de mortalité de nouveaux-nés est typiquement très haute dans des contextes de captivité; atteignant souvent 100%
  • les techniques d’extraction ne sont pas connues et peuvent être source de morts importantes
Dans les bénéfices “autres mammifères marins” sont mentionnés Les deux autres espèces de mammifères marins présents: le dauphin à bosse Atlantique (Sousa teuszii) et la lamantin d’Afrique (Trichechus senegalensis) sont considérés en danger et se trouvent sur CITES Appendice I.
Conditions de captivité
  • Pas d’information disponible.
  • Quelle infrastructure? afin de pouvoir maintenir 58 dauphins (après 4 ans) et 124 dauphins en captivité (après 9 ans) selon leur pronostic. Il est peu probable que les promoteurs planifient d’avoir autant de dauphins en captivité au même moment.
Zones de captures
Zones précises de captures ne sont pas indiqués

  • selon les engagements de la Guinée Bissau, aucune capture ne pourrait intervenir dans les espaces protégés ;
  • si des captures devaient intervenir dans les limites de la Réserve de biosphère de l’archipel des Bijagos, les chances de classement de l’archipel comme site du Patrimoine mondial UNESCO (dossier en cours) seraient réduites à néant ;
Abondance de la population cible
  • Il n’existe aucune estimation d’abondance (ni absolu, ni densité)
  • en considérant la côte réduite de G-B, on ne doit pas attendre une population de plus de quelques centaines d’animaux (et non des milliers comme suggéré par River Zoo Farm)
Migrations de faune sauvage
  • Habitat (home range) peut s’éteindre sur des dizaines de km, et ne s’arrête pas aux frontières politiques (nationales); càd, les accords de coopération en matière de conservation de la CMS s’appliquent
Socio-politique
  • Impact négatif sur l’image du pays au monde
  • dans la mesure où il s’agit d’espèces fortement emblématiques on doit s’attendre à un mouvement d’opinion international qui aura des retombées négatives sur la réputation du pays. Cela est vrai notamment par rapport au slogan du Ministère du tourisme « Guinée Bissau, pays de la biodiversité »
  • les efforts de conservation et les investissements consentis depuis 20 ans par le pays et ses partenaires techniques et financiers pour protéger ces espèces seraient en partie remis en question, en même temps que la confiance de ces partenaires

Dossier réalisé par Blandine Melis – février 2008

Pour en savoir plus :

Les baleines

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